Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.

Publicité

LE RETOUR DU DEMENT (welcome to hard times)

WELCOME TO HARD TIMES (1967)Réal. et Scé.: Burt Kennedy , Ph.: Harry Stradling Jr , Mus.:Harry Sukman , MGM , 105 mn
avec: Henry Fonda , Janice Rule , Janis Paige , Keenan Wynn , John Anderson , Warren Oates , Aldo Ray , Edgar Buchanan , Lon Chaney Jr. , Royal Dano , Denver Pyle , Paul Fix , Elisha Cook Jr. , Fay Spain  
Le talent de Lee Marvin dans 7 HOMMES A ABATTRE et de Richard Boone dans THE TALL T doit beaucoup aux scénarios subtils de Burt Kennedy , aux méchants toujours biens soignés . Mais lorsqu'il quitte Budd Boetticher pour tâter lui aussi de la réalisation , il ne retrouve pas cette excellence . La passion semble disparaître , son travail devient passable . Il se vautre , sans doute par faciliter dans la parodie de western alors qu'un certains Sergio Leone devient le digne héritier de l'Ouest à la sauce Italienne . C'est dire à quel point , ce WELCOME TO HARD TIMES sort du lot par son caractère singulier et sans compromis .
Hard Times est une ville qui porte bien son nom dans un trou perdu au fin fond de l'Ouest . Aride le jour , glaciale la nuit , elle survit grâce à son puit , au passage de la diligence et aux mineurs venus dépenser leur solde dans les bras des prostituées .
Alors quoi ? C'est ça la conquête de l'Ouest ! Des pauvres bougres qui cherchent le paradis en enfer ! Le plus dangereux ce n'est pas cette contrée inhospitalière mais l'homme lui-même . Cette ville squelettique qui ne rêve qu'à devenir obèse n'est qu'une pute soumise qui dépend de l'intrusion de n'importe quel dément . Imbibé d'alcool , stature imposante , Aldo Ray impose son corps qui parle pour lui , inspire la terreur et respire le Fantastique . L'odeur de la peur , du viol et du meurtre se répand dans toute la ville . Les habitants sont pleutres et ne font pas le poids même contre un seul homme car il sait se servir d'une arme . Seul , le croque-mort (Elisha Cook) se rebelle et périt dans une flaque de boue plus grande que lui . Son adversaire tel le diable condamne son âme perdue à errer au triple galop dans son corbillard . Le maire et avocat , Will Blue (Henry Fonda) , seul lettré de la ville pourrait intervenir mais il ne le veut pas . Sa lâcheté ne vient pas de sa peur mais de son égoïsme . Et l'édifice de la ville fondée sur l'individualisme cher aux américains s'écroule sous les flammes n'ayant pu se former en véritable communauté .
 Le scénario très noir de Burt Kennedy fait patauger le western dans sa propre boue . Ses valeurs sont mis à mal et pris dans l'orage et la tempête . Les éléments sont contre lui . La détermination de Blue de vouloir reconstruire la ville sur ses décombres nous suggère le caractère dérisoire des déplacements de population . La fameuse conquête n'étant qu'une fuite en avant selon les événements . Les armes à feu sont condamnées et montrées comme les ennemis de toutes civilisations . La haine qui va de pair avec la vengeance se heurte à une impasse . Ainsi , même si le personnage de Warren Oates est plein de bonté , il est amené à mourir car il use trop de son colt . Traumatisé , "la femme" de Blue est aveuglée par son obsession de se venger et périt malgré sa position de victime . Difficile pour l'homme d'être à la hauteur de sa dimension humaine dans cette Ouest sauvage et violent . Le seul espoir que l'on peut trouver , c'est dans Hope: une ville fantôme voisine , réserve naturelle de planches salutaires pour la reconstruction d'une ville comme un radeau en mer , en pleine tempête . Quant aux indiens , inutile de chercher une réhabilitation à la mode . Le seul présent est un ermite à la gueule de second couteau célèbre (Royal Dano) qui vit un peu en retrait de la ville et qui est tout juste toléré grâce à ses compétences en médecine . D'ailleurs , des gueules connues qui n'en finissent pas d'aiguiser leur lame dans les westerns , vous en trouvez plein ici tels que l'épicier John Anderson , le jovial et dynamique Denver Pyle sur sa diligence ou encore Keenan Wynn , Paul Fix et Edgar Buchanan...Le plus souvent des simples silhouettes avec peu ou pas de dialogue mais à la présence forte dans une histoire désenchantée d'une ville triste où il n'y a jamais de naissances . Constat amère d'un homme en reconstruction qui fait de son individualisme , non plus une fin mais un moyen . Hard Times peut enfin trouver son salut dans sa capacité de survivre et d'espérer et prend figure humaine lorsqu'elle décide d'affronter le retour du dément . (Diffusions sur TCM) . 

 
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article