Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
Franchir la frontière.
Western et horreur. Innovante recette très tentante qui peut facilement tomber à plat ou pas. Pour que ces deux ingrédients se marient harmonieusement, un respect des codes du genre savamment dosé est à souhaiter.
D'abord, il faut entrer dans le vif du sujet.
En scène d'ouverture, deux rôdeurs, après avoir égorgé leurs victimes dans une contrée isolée, se font à leur tour agresser par des sauvages difficilement identifiables. L'un des deux parvient à s'échapper et trouve refuge dans une petite bourgade.
Puis, il faut laisser reposer et prendre son temps pour présenter les principaux personnages.
Il y a le tueur d'Indiens aguerri à la gâchette facile. Le shérif malin et expérimenté. Son vieil adjoint bavard et attachant comme dans RIO BRAVO. Et le romantique blessé qui veut retrouver la femme de sa vie. Car les sauvages se sont introduits en ville durant la nuit et l'ont kidnappée pour l'emmener quelque part entre le Texas et le Nouveau-Mexique.
Comme dans LA PRISONNIERE DU DÉSERT, nos quatre personnages, archétype du western classique, vont donc se lancer dans cette expédition de sauvetage. Sauf qu'ici les sauvages ne sont pas des Indiens, mais d'obscurs et terrifiants troglodytes pratiquant le cannibalisme.
Nous sommes conviés à assister à un voyage au bout de l'enfer au rythme d'une chevauchée avortée lorsque nos héros se font voler leurs chevaux. Démarche ralentie pour mieux connaitre ces personnages bien écrits et avoir peur pour leur vie quand ils arriveront au pays de l'horreur. Quand ils franchiront la frontière d'un genre qui n'est pas le leur.
La mise en scène soignée sans grande originalité se met humblement au service de son sujet. Quand les troglodytes apparaissent brusquement, ils n'en sont que plus terrifiants. Un peu à l'image de L'HOMME SAUVAGE de Robert Mulligan, où l'Indien était insaisissable et imparable, les cannibales possèdent une bestialité fantastique qui détone dans l'univers de ce western interdit aux moins de 16 ans.