Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
LE PARFUM , HISTOIRE D'UN MEURTRIER (2005)
Réal.: Tom Tykwer , Scé.: Andrew Birkin , Bernd Aichinger ,
Tom Tykwer, d'après le roman de Patrick Süskind , Ph.: Frank Griebe , Mus.: Tom Tykwer , Johnny Klippe , Reinhold Heil , Prod.: Bernd Eichinger , Constantin Films , Dist.: Metropolitan Film
export , 147 mn
avec: Ben Whishaw , Alan Rickman , Rachel Hurd-Wood , Dustin Hoffman , Karoline Herfurth , David Calder , Sian Thomas 
Qui a lu LE PARFUM de Patrick Süskind et a vu son adaptation cinématographique doit se rendre à l'évidence : à quelques différences près c'est un
véritable copier-coller . A ce titre la réussite est totale . De grands noms , comme par exemple Stanley Kubrick , se sont intéressés à ce roman réputé impossible à filmer pour finalement
abandonner tant la tache était rude . Tom Tykwer l'a fait pour vous avec seulement le prestige d' un petit film habile intitulé COURS LOLA COURS . Il s'en sort haut la main , sachant retranscrire
parfaitement l'ambiance du roman . La débauche d'odeurs qui assaille le spectateur doit beaucoup aux décors et lumières combinés à une mise en scène maniériste .
L'esprit du livre c'est aussi celui d'un tueur en série , d'un être tourmenté qui a du nez , seul don que la nature lui a donné . Jean Baptiste Grenouille est seul au monde , enfermé dans sa
quête obsessionnelle du parfum parfait qui le ferait aimer du monde entier . Sans jugement moral , le spectateur suit le parcours de ce psychopathe du 18e siècle entièrement mis à nu .
Une victime , un être finalement pétrie de paradoxe , incapable d'aimer mais voulant se faire aimer, capable de tuer sans être une fin en soi mais un moyen pour satisfaire sa passion .
En somme , un livre-film sain sur un sujet malsain où l'horreur de la mort côtoie la sensualité de la vie .(A ce propos un critique du Monde a parlé d'idéologie nazie devant cette quête de la
perfection et ces cadavres retrouvés nus et rasés . Notons que cette idée malsaine ne lui serait jamais venu à l'esprit si les auteurs n'étaient pas de nationalité allemande .)
Tom Tykwer fait sensation avec la luxuriance d'émotion qui parsème son film . Mais , on lui en veut terriblement de nous avoir pris par le bout du nez , de nous en avoir mis plein les narines
pour au final ne plus rien sentir . A vouloir coller au récit du roman, il prend le risque de perdre son public . Il pêche par orgueil à vouloir à tout prix réaliser la scène d'orgie finale
complètement casse gueule à l'écran . Il lui manque sa propre vision de l'œuvre en tant que cinéaste . Il est un peu comme Baldini (l'excellent Dustin Hoffman) un grand faussaire de génie qui
connaît son travail sur le bout des ongles . Gageons qu' il devienne un jour le Jean Baptiste Grenouille du cinéma .