Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
LES RUBIS DU PRINCE BIRMAN (1955-ESCAPE
TO BURMA)
Réal.: Allan Dwan , Scé.: Talbot Jennings , Hobart Donevan , D'après le sujet "Bow Tamely to Me "de Kenneth Perkins , Ph.: John Alton (Superscope et Technicolor) ,
Déc.: Van Nest Polglase , Mus.: Louis Forbes , Prod.: Benedict Bogeaus , RKO , 89 mn
avec: Robert Ryan , Barbara
Stanwyck , David Farrar , Murvyn Vye , Robert Warwick , Reginald
Denny
Aventure
exotique de série comme tant d'autres à l'époque , me
direz-vous . Et bien non! Ce qui fait la différence c'est le regard de Dwan car cette chasse à l'homme est avant tout une aventure humaine . Cet incomparable optimiste est un conteur qui
travaille dans la nuance et le paradoxe .
Jim Brecan (Robert Ryan) assassin ou innocent a conquis le coeur de Gwen Moore (Barbara Stanwyck) femme de tête qui dirige ses hommes et ses éléphants avec équité et respect . La mise en
scène ne fait que condamner cet improbable innocent traqué par l'homme de loi Cardigan (David Farrar) .Mais les rôles sont inversés Brecan se comportant comme un gentleman alors que
Cardigan ment et trompe son monde pour arriver à ses fins . Ces deux-là se font la guerre . Qu'importe Gwen Moore n'écoute que son coeur . L'histoire se ressert alors sur ce trio pourchassé à son
tour par les sbires du père de la victime , le fameux prince birman du titre . S'installant dans le temple abandonné ou s'abritant dans la pagode , les rapports de force et les statuts changent
suivant les lieux de l'action . Ici , les singes sont au spectacle devant ces hommes ridicules qui se débattent comme le feraient les animaux du zoo . Ironie du regard non sans humour quand un
singe vient se blottir dans les bras de la femme désirée par Brecan .
Tout comme dans SILVER LODE où le héros devait son salut à un télégramme Brecan devra le sien à une lettre , surlignant encore davantage la stérilité de toutes violences humaines .
Un autre paradoxe flagrant et commun des réalisations de Dwan produits par Bogeaus vient de la magie qui fait coexister un budget dérisoire et la luxuriance des images qui se retrouve sur notre
écran . Les films se succédent sur cinecinema classic dans ce cycle dédié à notre artisan du 7ème Art et paraissent toujours davantage plus beaux que le précédent
.