Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
LE RELAIS DE L'OR MAUDIT (1952 -HANGMAN'S
KNOT)
Réal. et Scé.: Roy Huggins , Ph.: Charles Lawton Jr (technicolor) , Mus.: Mischa Bakaleinikoff , Prod.: Brown , Scott , 84
mn
avec : Randolph Scott , Donna Reed , Lee Marvin , Claude Jarman Jr , Frank Faylen , Glenn Langan , Richard Denning
Parmi les titres de western , difficile
de s'y retrouver . Soit le spectateur joue la sécurité avec un célèbre classique déjà vu , soit il prend le risque de découvrir un titre sorti de nulle-part et s'expose alors à l'éventualité de
se retrouver devant une nullité . Les séries B sont abondantes et pas toujours à la hauteur . Mais comme la curiosité est souvent payante LE RELAIS DE L'OR MAUDIT ne devrait pas vo
us décevoir . D'abord parce qu'il est produit par Brown et Scott , la
même équipe du talentueux Budd Boetticher . Sauf qu'ici c'est Roy Huggins , un bon scénariste qui est au manette . Sa mise en scène ne sort pas des sentiers battus mais son histoire est à la
hauteur . La mission de Randolph Scott et de ses hommes est de prendre possession de l'or des tuniques bleues . Mais lorsqu'ils abattent tout le monde sans savoir que la guerre est finie , les
sudistes deviennent malgré eux des massacreurs et des voleurs . On met le doigt ici sur la subtilité du scénario où le gentil peut se révéler une ignoble crapule , où l'individu n'est pas
toujours ce qu'il prétend être . Le film commence avec de nombreuses scènes d'action dont une très bonne poursuite de diligence puis fait halte dans ce fameux relais . Les relations des
personnages deviennent alors tendues dans un film qui se transforme en huis clos . L'appât du gain , les meurtrissures dans les coeurs que cause une guerre , les lâchetés et les rancoeurs
participent à ce climat de conflit . Lee Marvin , déjà excellent avant ses compositions plus connues , se montre impulsif , frénétiquement bestial , définitivement incontrôlable . Cette tension
ne peut aboutir qu'à une rupture salvatrice sous forme d'un orage qui éclate , où les éclairs frappent de violence . Le happy end peut alors se faire jour car des hommes se sont révélés à
eux-mêmes .
Devant cette série B tendue et réussie , on se demande pourquoi Huggins est resté sur cet unique coup d'éclat ? (existe en DVD)