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Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.

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OMAGH (2004) de Pete Travis

OMAGH (2004) de Pete Travis

En cette période trouble d'attentats sanglants, il serait pertinent de voir ou revoir OMAGH de Pete Travis, un film de 2004 qui donne le premier rôle aux proches des victimes.
Caméra à l'épaule, lumière naturelle et style documentaire projettent le spectateur dans cette assourdissante déflagration qui secoua le centre-ville d'Omagh en Irlande du Nord, le 15 aout 1998. Ici, il s'agit de l'IRA-Véritable (groupe dissident de l'IRA), mais tous les terrorismes se valent dans l'horreur.
Filmé comme à la dérobée, le suspense est d'une réelle intensité, car à la différence des passants, hommes, femmes, enfants, catholiques, protestants ou non-croyants, nous savons où est stationnée la voiture piégée. Dès lors, parmi les innocents frappés par cette abomination, il n'y a plus de figurants, mais des enfants de chair et de sang. L'irréparable étant commis, la mise en scène continue son autopsie de la dure réalité. Des épreuves et des souffrances, rien ne nous sera épargné. Nous sommes tous touchés. Nous sommes désormais les parents des victimes. Poussées dans la spirale infernale des questions, les interrogations demeurent sans réponse. Mon fils est-il vivant ou blessé ? Pourquoi n'a-t-il pas encore téléphoné?
Quand on apprend qu'il a disparu pour de vrai, comme sous la pression d'un étau d'autres interrogations plus atroces se pressent de torturer nos esprits. Il faut à tout prix arrêter les auteurs de cette barbarie. Alors on se repose un peu sur la compétence de la police qui nous garantit son extrême compassion et sa plus fervente motivation sans se douter de son insidieuse corruption. La détresse et la douleur étant trop fortes, il devient urgent de devenir acteur, de se regrouper, de monter une association pour ne plus subir les événements, pour ne plus avoir la sensation de se battre contre des moulins à vent. Faire éclater la vérité !
Nous entrons ainsi dans une autre dimension, celle du film-dossier, de l'enquête documentée qui nous révélera que les autorités savaient et qu'elles n'ont rien fait.
Et quand le générique de fin défile pour annoncer que les terroristes sont progressivement condamnés sans vraiment être considérés comme responsables de cet ultime attentat, on se dit qu'aux yeux de nos dirigeants nous ne sommes que des figurants qui n'ont aucun poids devant l'inconscience de la raison d'État ou l'âme noire de la realpolitik. Appelez-la comme vous voulez.
Mêler religion et politique n'entraîne donc que des destructions. Les djihadistes en ont fait leur parangon. Proférons-leur une autre parole en laissant le mot de la fin à ce juron :
Tuer au nom de Dieu est la preuve que le diable existe.

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