Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
SOY CUBA(1964) Réal : Mikhaïl Kalatozov , Sc.: Enrique Pineda Barnet et Levgueni Levtouchenko , Ph.: Sergueï Urusevsky , Mus.: Carlos Farinas , MK2 Diffusion , 140 mn , N et B
avec : Luiz Maria Collazo , José Gallardo , Raul Garcia
, Jean Bouise
Entre les oeuvres de propagande communiste et la culture américaine dominante , il existe un placard . A l'Est , on y a mis la copie soviet (Soy Cuba) car jugée trop libre et émancipée . A
l'Ouest , on y a placé la copie U.S (I am Cuba) , trop révoltée contre les injustices . Deux camps , le même placard ! De nos jours , la guerre froide n'est plus . Sorti de l'obscurité grâce à
l'amour que lui vouent Scorsese et Coppola , ce film maudit et longtemps invisible peut dorénavant briller de ses mille feux ! Véritable ovni cinématographique par son passé mais aussi par son
contenu . Sous nos regards médusés se produit l'inconcevable , l'irréalisable devant un écran ! Des plans-séquences de toutes beautés et de longs travellings s'enchaînent défiant toutes entraves
techniques . L'objectif grand angle , véritable oeil-vérité se met en apnée et plonge avec les beautés dans la piscine...Il suit un convoi funèbre , prend de la hauteur , traverse un immeuble où
l'on confectionne des cigares et ô miracle continu sa route en apesanteur pour retouver la procession funéraire . Aussi , le film par sa virtuosité formelle va très haut et côtoie les nuages
, exalte la fête , la jouissance , la vie . Cette commande de propagande communiste se transforme alors en sublime poème visuel qui rend hommage aux cubains et à leur révolution plus qu'au parti
. Le cinéma en sort grandi et complétement révolutionné par ces remarquables poètes de l'image que sont Kalatozov et Urusevsky à qui l'on doit déjà le très acclamé QUAND PASSENT LES CIGOGNES ,
Palme d'or du festival de Cannes 1958 . (existe en DVD)