Pour vous faire voyager dans l'univers du cinéma de genre et de série B.Des instantanés sous forme d'articles pour vous donner les clés du coffre de quelques pépites rares du 7ème Art.
L'AMOUR D'UNE FEMME (1954)
Réal. et scé.: Jean Grémillon , Adapt. et Dial.: René Fallet , René Wheeler , Jean Grémillon , Ph.: Louis Page , Mus.: Elsa Barraine , Prod.: LPC(Pierre
Gérin)/Films Costellazione , 110 mn
avec: Micheline Presle , Massimo Girotti , Gaby Morlay , Marc Casso , Roland Lesaff
re , Julien Carette
Alors que les adaptations littéraires et romanesques déferlent sur les écrans de l'époque , Jean Grémillon navigue à contre-courant .
Il écrit son propre scénario sur son sujet favori: la Femme . Il la met seule en mer tel un phare solide où viennent se fracasser les vagues de ses incertitudes . Micheline Presle , loin de ses
rôles de parisiennes fofolles , est Marie Prieur une jeune docteur passionnée . Une femme indépendante par son travail et sa façon d'être . Le portrait est réaliste et l'actrice n'a jamais semblé
aussi naturelle dans cette Ile d'Ouessant où elle pose ses valises . Comme dans L'ETRANGE MONSIEUR VICTOR pour le port de Toulon ou la Haute-Provence de LUMIERE D'ETE , le tournage en extérieurs
apporte une véritable authenticité . Cette banale histoire d'amour contarié , le travail quotidien de Marie , les anonymes de l'Ile qui se confondent aux acteurs donnent à cette oeuvre de fiction
un air de documentaire . L'institutrice bientôt à la retraite jouée par Gaby Morlay dont on ne sait plus si elle est actrice , est un point de repère pour Marie . Mais le poids des traditions de
l'Ile et un métier vécu comme un sacerdoce ne lui fait pas oublier qu'elle est aussi une femme amoureuse . André Lorenzi (Massimo Girotti) , pourtant ingénieur , est un homme du passé qui voit
les femmes comme étaient leurs mères . Il ne semble pas faire le poids face à cette femme résolument moderne . Il faut la voir dévouer au chevet d'une enfant en état critique , concentrer et
appliquer lors d'une opération délicate dans un phare . Enfin rayonnante et pleine de vie au sortir de ses épreuves gagnées . L'homme qui l'aimera , devra respecter cela.
Dernier long métrage d'un cinéaste maudit qui ne fut jamais compris à l'image de son film ignoré par les distributeurs . Qu'importe , bientôt tout cela sera balayé par la Nouvelle Vague
.